L'Autorité des marchés financiers confirme dans sa note d'avril 2026 le repli des frais sur l'ensemble des supports d'épargne en actions. Les fonds passent à 1,06 % en moyenne, les ETF à 0,33 %. Sur les comptes-titres et les PEA, la concurrence des néobrokers redessine la grille tarifaire des banques traditionnelles. Le mouvement profite directement aux épargnants, qui basculent du Livret A vers l'assurance-vie.
En février 2026, les Français ont versé 19,5 milliards d'euros sur leurs contrats d'assurance-vie. Un record. Dans le même temps, ils retirent 490 millions d'euros nets de leurs Livrets A. Ce mouvement de bascule traduit une recomposition profonde de l'épargne, à laquelle la baisse continue des frais financiers apporte un argument supplémentaire.
L'Autorité des marchés financiers (AMF) le confirme dans une note publiée en avril : les frais des organismes de placement collectif (OPC, communément appelés « fonds »), mais aussi ceux des comptes-titres et des plans d'épargne en actions (PEA), ont reculé en 2025. En moyenne, les épargnants ayant investi dans un OPC ont supporté 1,06 % de frais l'an dernier, contre 1,16 % en 2024 et 1,18 % en 2023, hors commissions de surperformance. En intégrant ces commissions — prélevées par certains gérants au-delà d'un seuil de performance prédéterminé — les frais totaux atteignent 1,37 % en 2025, contre 1,47 % en 2024.
Fonds, ETF, courtage : un mouvement de baisse généralisé
Mais malgré ces efforts de l'industrie de la gestion active, l'écart avec les fonds passifs s'élargit encore. Les ETF (exchange traded funds, fonds indiciels cotés) n'ont prélevé en moyenne que 0,33 % de frais en 2025, après 0,36 % en 2024. À long terme, ce différentiel d'environ un point représente un manque à gagner cumulé considérable pour l'épargnant qui passerait à côté d'une option plus économique. Sur 20 ans et un capital initial de 50 000 euros placé à 5 % brut annuel, un point de frais en moins se chiffre en milliers d'euros.
Côté investissement boursier en direct, l'AMF distingue deux univers : les banques de réseau et les acteurs en ligne. Les premières, sans doute aiguillonnées par la concurrence des secondes, ont opté pour une relative stabilité de leurs grilles. Pour le passage d'un ordre boursier de 1 000 euros, elles facturent en moyenne 0,65 % via un compte-titres et 0,49 % via un PEA, contre 0,67 % et 0,49 % respectivement en 2024. « Pour les comptes-titres, ce coût a baissé depuis cinq ans, puisqu'il était de 0,79 % pour un ordre de 1 000 euros et de 0,54 % pour 5 000 euros », précise l'AMF.
Une nuance s'impose : les banques prélèvent une commission minimale comprise entre 5 et 12 euros sur les petits ordres, ce qui rend les transactions de 100 euros relativement plus onéreuses en pourcentage. Et sur le PEA, elles sont en réalité quasiment au plafond légal de 0,50 % autorisé. Marge de manœuvre limitée, donc, sur ce segment.
C'est sur le terrain des acteurs en ligne que la bataille tarifaire est la plus intense. L'AMF y distingue les banques et courtiers traditionnels des « néobrokers », plus récents et opérant souvent depuis un autre pays de l'Union européenne. Ces derniers déploient une stratégie commerciale offensive, allant parfois jusqu'à proposer le passage d'ordres gratuit, hors frais de change, frais de correspondants et taxe sur les transactions financières.
Néobrokers et transparence : la nouvelle grammaire de l'épargne
Cette gratuité affichée n'est toutefois pas inconditionnelle. Elle est souvent assortie de la mise en place d'un plan d'investissement programmé, restreinte aux ETF ou limitée à un seul ordre mensuel. Pour les transactions facturées, les néobrokers restent néanmoins très compétitifs : entre 1,27 % et 0,05 % en proportion inverse des sommes investies, contre une fourchette de 2,59 % à 0,15 % pour les banques et plateformes en ligne traditionnelles.
Au-delà des chiffres, l'AMF rappelle dans sa note les obligations de transparence pesant sur les acteurs de l'épargne. Le détail des frais doit être communiqué aux épargnants périodiquement et, surtout, « avant tout conseil ou toute transaction ». L'information doit être basée sur le montant réellement investi, en pourcentage et en euros, et inclure les coûts du service, du produit, ainsi que les éventuelles rétrocessions perçues par le distributeur. La documentation légale des fonds, en particulier le document d'information clé pour l'investisseur, complète ce dispositif.
Cette transparence est d'autant plus utile que les frais ne sont pas payés directement par l'épargnant. Les frais de souscription sont prélevés sur les montants investis avant placement sur les marchés ; les frais de gestion annuels sont déduits de la performance. Indolores au quotidien, ils érodent le rendement de manière silencieuse. Du côté de l'assurance-vie, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution incite depuis plusieurs années les assureurs à éliminer de leurs contrats les fonds présentant le rapport frais-performance le plus défavorable. Une nouvelle étape s'annonce, avec un examen attendu des frais des contrats eux-mêmes.

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