Avec un marché record en 2025 et des prix qui montent pour la cinquième année consécutive, la forêt française s'affirme comme un placement de long terme. GFF et GFI en sont la porte d'entrée.
Longtemps réduite à un espace naturel ou à une réserve de bois, la forêt française change de statut aux yeux des investisseurs. Climat, biodiversité, transmission : elle s'affirme comme un actif tangible de long terme, dans un marché qui vient de battre ses records. Le rapport de la Safer sur l'année 2025 en dresse le portrait.
Un marché record porté par les grands massifs
En 2025, les ventes ont progressé en nombre, en surface et en valeur. Plus de 176 000 hectares de forêts ont changé de mains, en hausse de 18,5 % sur un an, un volume inédit depuis le début de cette observation. La valeur totale du marché atteint 2,17 milliards d'euros, en progression de 7,7 %. La forêt n'est plus seulement perçue comme un lieu de production de bois : elle devient un actif recherché, dans un contexte où les enjeux climatiques, environnementaux et patrimoniaux montent en puissance.
Les grands massifs donnent le tempo. Les ensembles de plus de 100 hectares ne pèsent qu'environ 1 % des transactions, mais concentrent près d'un tiers des surfaces échangées. Les petites parcelles, notamment celles de moins de 10 hectares, restent les plus nombreuses : elles séduisent des particuliers en quête de bois de chauffage, de loisirs, de chasse ou d'agrément. Ce sont toutefois les grands ensembles qui font véritablement bouger les volumes et les montants.
Des prix en hausse, mais très inégaux
Le prix moyen poursuit son ascension : 4 950 euros par hectare en 2025, soit 2,5 % de plus, cinquième année consécutive de progression. Cette moyenne masque de fortes disparités. Dans le Nord-Bassin parisien, les prix culminent à un record de 7 880 euros l'hectare, quand le Massif central reste la zone la plus abordable, autour de 2 850 euros. La taille pèse également, les forêts de plus de 25 hectares demeurant les plus chères malgré un léger repli en 2025.
La nature des acheteurs évolue aussi. Les personnes morales privées, sociétés agricoles, forestières ou d'investissement, acquièrent désormais plus de la moitié des surfaces vendues, près de 90 000 hectares à elles seules en 2025. La forêt s'installe comme un placement de long terme, à la croisée du rendement du bois, de la valeur patrimoniale et des nouvelles attentes liées au carbone, à la biodiversité et à la stratégie environnementale des entreprises. Cette montée en puissance des grands acheteurs interroge néanmoins la place des acteurs locaux et la gestion durable de massifs en première ligne face au changement climatique.
Cette appétence tient aussi à de nouveaux usages. La forêt peut désormais générer des revenus liés au stockage de carbone, via des projets labellisés, et répondre aux engagements environnementaux d'entreprises soucieuses de leur empreinte. Elle conjugue ainsi une fonction productive ancienne et une utilité écologique récemment valorisée.
GFF et GFI, la porte d'entrée patrimoniale
Cette attractivité nourrit l'essor de véhicules dédiés. Les groupements fonciers forestiers et les groupements forestiers d'investissement permettent d'acquérir des parts plutôt qu'un massif entier : l'épargnant devient associé d'une structure qui détient et gère les parcelles. L'attrait tient à l'accès à un actif réel, inscrit dans le temps long, doté d'une dimension patrimoniale et environnementale forte, sans les contraintes de gestion directe d'une propriété.
Le rendement annuel reste modeste, généralement compris entre 1 % et 3 %. La forêt n'est donc pas un placement de revenu immédiat élevé, mais un outil de diversification et de transmission, soutenu par une fiscalité favorable : l'abattement de 75 % applicable aux droits de succession et de donation sous engagement de gestion durable en constitue le pivot, complété par des dispositifs d'incitation à l'impôt sur le revenu et un traitement allégé à l'impôt sur la fortune immobilière.
Les risques, eux, sont spécifiques : tempêtes, incendies, maladies, évolution du prix du bois et liquidité limitée des parts. À l'investisseur d'arbitrer entre la solidité d'un actif tangible et l'horizon long qu'il impose.

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